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 When I was your man, ft Yue Xin

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MessageSujet: When I was your man, ft Yue Xin   Mar 14 Jan - 15:49

When I was your man
xin ∞ xiao

Dos au mur, j'attends. En vain, quand il s'agit de lui. Mon frère, 哥哥. Il y a toujours ce mur entre nous, palpable ou non. Dis, je te dégoûte ? Non, je ne veux rien savoir. Un seul regard de toi suffit pour me combler. Je t'aime comme personne, à vrai dire. Je suis désolé, 对不起. J'ai toujours cru que je n'étais pas grand chose, sans toi. Sinon un animal chétif, apeuré ; un petit voyou des bas quartiers. Il y avait l'ombre stérile de l'oncle. Et puis ton sourire, ta « chaleur ». Tu m'as élevé, dépoussiéré. Maintenant, tu ne me vois pas. Ou ne m'entends. Pourquoi ? Parle ! Enfin, dans ton état. On t'a bien cassé la gueule, hier. Toujours à faire le gros dur, voilà ce qui arrive. Même toi, mon frère, tu es mortel. Ta peau tannée renferme chair, saignante et fatale. Et tes poumons, embrumés de tabac, gris, te coupent le souffle. Mais tu restes immuable, pareil à la feuille d'automne qui, à l'aube de ses vieux jours, tombe. A mes yeux, tu resteras le ténébreux. Celui qui ne frémis pas. J'entends les sons réguliers de ton moniteur. Comme une voix rassurante, car la tienne s'est tue. C'est ce silence fratricide... Cette distance qui pourrit nos cœurs. Tu me condamnes à une sale solitude, frère. Je voudrais ne plus t'aimer.

Je suis las, à vrai dire. Parfois, je regrette le temps de la Chine. Quand j'étais encore jeune et pas tout à fait pessimiste. Il restait une espèce de lueur. Quelque chose de possible. Et puis je suis passé de villes en villes, d'état en état. Des sonorités différentes, d'autres visages, mais toujours les vieux accords. Ici ou là-bas, je fais la même chose. Peut-être avec plus de hargne, et moins de scrupules. Je n'ai plus de cheveux corbeaux à agripper. Oublié, le corps fin à serrer les nuits. Et le regard attendri. Ouais, même moi, j'ai eu un premier amour. J'en souris encore, amer et désinvolte. Je tourne un regard tendre vers ce passé, ce moi d'antan. Toi aussi, tu me méprises ?

Les hôpitaux, ça craint. Franchement. C'est tellement impersonnel, et ça sent bizarre. Je ne viens pas souvent ici. Je préfère que Shen me recouse. Ses lunettes rondes, sa blouse dépareillée, sa clope ; tout me rassure. Surtout pour une plaie ouverte ou un os déplacé. Il ne va rien me dire, si je jure un bon coup ; si je fous le bordel dans ses affaires.  Tant qu'il prend une bouffée de nicotine, et que ses bistouris sont alignés. Certaines nuits, je l'assiste même. Quand je n'ai rien à faire, quand un type saigne de trop. Les odeurs, les organes te prennent les yeux, la gorge. Et l'autre termine sa clope, peinard.

J'entre dans la pièce. Blanche aussi. Il est étendu de tout son long, et sa vue m'est étrange. Comme si je fais intrusion dans son intimité. Je reste immobile, le regard rivé sur le corps allongé. La tenue immaculée ne lui va pas ; comme un déguisement. Ange trompeur, égaré !
Un murmure parvient à mes oreilles. « Qu'est-ce que tu fais ici ? ». Je dévisage le blessé. Nulle expression à son visage. Seules ses lèvres entrouvertes, sa gorge frémissante. Je réponds, d'un ton bas, et neutre. « Je suis venu te voir, gege ». Son souffle est rauque, court. « Je ne suis... pas... Ton gege. 出发 ! ». J'incline la tête, et je pars. Troublé, blessé, je marche de plus en vite en vite. De l'air, de l'air. Que je quitte ce foutu couloir blanc ! Éclatant, aveuglant mes yeux ! Je n'en peux plus. J'en bouscule même quelqu'un. Dans le mouvement, j'attrape son bras pour qu'il garde son équilibre ferme. Je lève les yeux, et je n'en reviens pas. Son prénom m'échappe. « Xin... ! ». Ma main glisse de son avant-bras, et nul autre mot passe mes lèvres. Cruelle coïncidence que de le voir ici – car c'est bien lui. Sont-ce des secondes, ou une éternité qui passent ? Enfin je me compose un air, je le salue. « Je ne savais pas que tu travaillais... ici ». Et par ici, je veux dire en Corée du Sud.  

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Yue Xin



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MessageSujet: #666699   Ven 14 Fév - 16:12

Mardi. Comme à tous les matins, Xin s’éveilla presque avec le soleil. Comme à tous les matins, il bailla, s’étira de tout son long, repoussa ses draps pour s’asseoir au bord de son lit, baissant les yeux vers son pyjama orné de rayures bleues avant de finalement se retrouver debout. Comme à tous les matins, il se traîna jusqu’à la cuisine, démarra la cafetière en baillant de nouveau, puis se dirigea vers la douche pour se tirer de sa torpeur pleine de sommeil. Après s’être lavé, il nourrit ses chats, se versa une tasse du précieux liquide qui le maintenait en vie et se laissa tomber devant la télé.  Un talkshow sans intérêt, maintes gorgées brûlantes, et notre chinois était à nouveau fonctionnel. D'ailleurs, comme pour le prouver, il se leva de son sofa avec élan pour se diriger vers sa chambre : là, il passa un bras et l’autre dans les manches d’une chemise avant d’effectuer le même exercice pour ses jambes et un pantalon. Comme à tous les matins, ses cheveux semblaient se moquer de lui, empruntant exactement la direction inverse qu’il aimait leur faire prendre : seulement, contrairement à tous les matins, il les laissa n’en faire à leur tête, une certaine lassitude s’emparant de lui.

Ses pas franchirent finalement sa porte d’entrée et il se retrouva en route vers l’hôpital. Le temps n’était ni froid ni chaud, ni laid ni beau : juste un peu lourd et assez gris pour tirer les traits de toute âme qui vive à Ulsan… Quoique, n’avaient-ils toujours pas eu cet air figé ? Il ne savait plus. Un soupir franchit les lèvres du chinois, qui les pinça peu après, honteux de cet inexplicable accablement qui pesait en lui. Était-ce sa sempiternelle routine qui l’accablait de la sorte ? Peut-être que le quotidien le fatiguait… C’était, à vrai dire, ce qui l’effrayait le plus, et, par simple crainte qu’il soit tombé juste, il s’obligea à repousser ce doute au plus creux de son esprit. Il ne voulait pas se lasser de son travail, pas qualifier son existence de « déprimante »... Et pourtant, c'était l'unique mot qui lui venait en tête ce matin-là. Le jeune homme secoua la tête, se traitant des noms les plus stupides: ce ne devait être qu'une mauvaise journée. Il força ses traits à s’illuminer d’un sourire.

Sa journée de travail s’entama ainsi et il finit par se convaincre de son bonheur : il passa même à la salle de bain pour replacer sa crinière blonde, qui avait conservé ses airs négligés. Les rencontres avec ses patientes se succédaient sur un même ton tandis que le temps filait comme il file toujours, imperturbable. Il souffla après le départ de la dernière personne qu’il devait voir : la journée s’achevait beaucoup plus tôt qu’à l’habitude, faute de rendez-vous prévus. Qu’allait-il faire des heures libres qui s’étalaient devant lui ? Ses amis travaillaient, étudiaient, ou avaient probablement quelque chose de prévu, tout simplement. Rentrer et perdre sa vie devant quelconque écran ? Il pourrait rester ici, classer le chaos qui régnait sur son bureau, remplir des papiers négligés, peut-être. L’envie manquait, cela dit… Mais c’était toujours mieux que de rester enfermer dans son appartement… Rares étaient les choses qui ne l’étaient pas, mieux. Hm. Il se redressa : en fait, il irait errer un peu en ville avant d’aller prendre un café quelque part.

Le maïeuticien sortait tout juste de son bureau, cependant, lorsqu’on lui fonça dedans. Décidément, personne ne faisait attention dans cet hôpital… Ou alors, il était complètement invisible. Il n’eut pourtant d’autre choix que de laisser son agacement de côté, ne pouvant se montrer désagréable avec qui que ce soit lorsqu’il travaillait. De toute façon, ce fut la surprise qui le submergea lorsqu’il releva les yeux pour découvrir les traits de son impromptue rencontre… La surprise, puis un autre sentiment qu’il ne sut bien décrire sur le coup, un mélange d’amertume et de colère tant de fois remâchée qu’elle en était épuisée. Les sourcils du jeune homme se soulevèrent tandis que ses yeux sombres scrutaient ce visage fort familier, qui le dévisageait avec la même stupeur. Il mit un moment avant de prendre la parole, sa voix teinte de sécheresse.

    - Et bien, maintenant, tu le sais.

Avait-il vraiment envie de ça ? Non, définitivement, non. Il l’avait assez maudit, ça le lassait désormais. Il soupira, hésita à rompre le silence puis articula :

    - Et toi, qu’est-ce que tu fais à Ulsan ?

Que pouvait-il bien dire d’autre après toutes ces années ?

bhuu:
 
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